Il est mort Jim, p. 298, 299 – Extraits
Dix-neuf jours plus tard, j’ai été invité au lancement de mon livre « Le Sentier Lumineux à l’ombre de Abimael Guzmán » à la Librairie Virrey du centre de Lima, Pasaje Nicolás de Ribera. Il y avait une trentaine de personnes, des habitués, je pense, de ce recoin de résistance culturelle. Après la présentation, un homme vint me voir et me dit, sans plus de manière, que j’avais une lumière au-dessus de moi. Bien qu’habitué désormais à ce vocabulaire, je ne m’attendais pas pour autant à l’entendre à mon propos et encore moins dans une telle circonstance. J’interrogeai l’homme, la quarantaine ronde et quasi-chauve, qui se présenta comme un historien amateur. Il ne fit que me répéter ce qu’il avait dit, ajoutant qu’il en était sûr. Je mangeais un gâteau offert par Virrey, moins âgé par bonheur que la librairie, et aussi savoureux, quand une dame, d’une petite soixantaine, s’approcha à son tour. Elle était sortie en larmes de la conférence. Elle ne savait pas ce qui lui était arrivé. C’était la première fois. Elle avait dû partir de la librairie et était revenue pour faire une photo avec moi. Elle savait que le sujet ne se prêtait pas à sa réaction, ne paraissait pas folle…Dans le taxi qui nous ramenait, Claudio et moi, il me dit qu’il avait aussi été très surpris par ces deux individus, qu’il ne qualifia pas, et j’en fus étonné, « d’échappés de l’asile ». Je lui demandai s’il croyait à un hasard. Sa réponse me laissa coi : « C’est devant ton nez et tu crois à un hasard ? Tu crois que ça arrive tous les jours, qu´à la fin d’une conférence, on vienne te dire que tu as une auréole ?».

©Photos Marc Boisson 2014

