Il est mort Jim – extrait

Il est mort Jim

A Lima, je devins professeur d’histoire. On me disait assez populaire auprès des étudiants et quelque peu atypique pour les canons de la Pontífica Universidad del Perú, la PUC. J’avais choisi, auparavant, pour mon doctorat, de travailler sur le Sentier Lumineux. On était à la fin des années 1980 et c’était un fait d’actualité. Le mouvement maoïste, dirigé par l’énigmatique professeur Abimael Guzmán, le camarade Gonzalo, ensanglantait le Pérou. Les habitants de Lima vivaient au rythme des annonces d’attentats et des nouvelles de massacres dans les zones reculées du pays. La ville interdisait la circulation dès une heure du matin et jusqu’à l’aube. Invariablement, le couvre-feu amenait les patrouilles militaires. Au détour d’une rue, au milieu des places, les piétons attardés tombaient nez à nez avec des tanks et des militaires peu engageants, menaçants avant l’heure et dangereux ensuite.

Il est mort Jim – extrait

Il est mort Jim

Plus je vieillissais, plus j’aimais me promener sur le bord de mer. J’allais régulièrement sur le Malecón Císneros, à Miraflores, où, du haut des falaises, on embrasse l’océan Pacifique. Il faut dire que j’avais, au fil des années, et après un divorce, réussi à acheter un appartement dans le quartier de Miraflores, avenue Pardo, à deux cuadras du malecón et face à l’ambassade du Brésil, pays qui a sa place dans cette histoire.
Un vendredi après-midi de la fin du printemps, j’avais quitté l’université vers midi et étais directement parti me promener. J’avais acheté une empanada dans une boulangerie dont je me contenterais avec une bière cuzqueña. Je dînai frugalement sur un banc du parc du Phare. Ce n’était pas l’habitude des Liméniens mais je réintégrai vite le mode de vie local lorsque j’achetai une glace de lúcuma au vendeur ambulant marchant à côté de son triporteur jaune.

Il est mort Jim

« J’ai pris le Circuit des Plages. Une brise chaude inondait la voiture. L’odeur de l’océan traînait avec lui sa nostalgie comme si j’étais celui qui partait. Lis-Angela semblait goûter consciemment le paysage. Sans doute disait-elle adieu à Lima. Elle était belle. Je l’observais un peu à la dérobée. Je me souviens de son sourire lorsque nos regards se croisèrent. Il ne me blessa pas car il était défait de la lumière triomphante qui avait accompagné l’annonce de son départ. Je me demandai si j’étais un des éléments du paysage auquel elle disait au revoir. Nous choisîmes de nous séparer après le comptoir de l’enregistrement. La dernière image que je gardai de Lis-Angela fut sa silhouette s’éloignant dans l’escalier roulant vers l’embarquement. »

Il est mort Jim, p. 359

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Concert solitaire

C’est à la dernière note de ce concert solitaire – je rappelle que je reportais les notes de mes étudiants sur le logiciel de l’université, auquel je n’avais accès que sur l’Intranet – que me vint l’idée de rédiger un chapitre récapitulatif de mes recherches. Je ne sais pas comment l’expliquer. J’étais assis au bureau de la petite salle attenante à la salle des professeurs. Nous le partagions avec quatre collègues. Un rayon de soleil désignait ma main posée sur le bureau brun. Il avait traversé la fenêtre à ma gauche, me berçait, sans m’étouffer de sa force estivale. Le silence me parut également propice à l’écriture.
Extrait de Il est mort Jim, p. 282, Ezema

 

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 Il est mort Jim, Ça n’intéresse personneen version papier ou e-book : rubrique Librairie.

Pérou, Brésil, Mexique, France

Dans le roman Il est mort Jim, le lecteur est invité à rejoindre le Pérou. Il parcourt avec Jim Rosso la ville de Lima, ses falaises sous lesquelles gronde l’océan, ses parcs et ses rues coloniales. Il s’envole d’une poussée de réacteurs au-dessus des Andes pour rejoindre le Brésil et le temps arrêté du Minas Gerais, puis la France, où Jim accomplit le dernier chemin avant celui de sa nouvelle vie en direction de Compostelle.

Dans Ça n’intéresse personne, le narrateur rencontre le Père Brune au Mexique, un pays dont la magnificence baroque inspire ses réflexions sur de mystérieuses révélations, avant de conclure son parcours dans un petit appartement parisien, où l’après-midi accompagne son vis-à-vis vers la fin de sa mission.

Plus je vieillissais…

Il est mort Jim a visité Lima en compagnie d’une lectrice qu’il apprécie tout particulièrement. Elle nous envoie des photos. Merci à elle ! Quand la fiction crée la réalité.

« Plus je vieillissais, plus j’aimais me promener sur le bord de mer. J’allais régulièrement sur le Malecón Císneros, à Miraflores, où, du haut des falaises, on embrasse l’océan Pacifique. »

« Je me vis sur la falaise de Miraflores, marchant d’un parc à l’autre, comme je le faisais souvent, observant le Boeing dans lequel je volais. Le ciel en haut des Andes était dégagé. »

Miraflores – Lima

    
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Con el pasar de los años, me gustaba cada vez más la proximidad del mar. Iba con regularidad al Malecón Císneros, en Miraflores, desde donde lo alto del acantilado se abraza el océano Pacífico. Cabe añadir que, a lo largo del tiempo y en el término de un divorcio, había logrado comprar un departamento en el barrio de Miraflores, avenida Pardo, a dos cuadras del malecón y frente a la embajada de Brasil, un país que tiene un lugar en esta historia.
Al volver en dirección de Larcomar, iba acabándose la tarde. Los paseantes se habían esfumado. Las viejas señoras blancas de Miraflores ya habían reincorporado sus edificios en el sillón de ruedas que empujaban sirvientas mestizas uniformadas. Nada más me cruzaba con limeños y extranjeros aficionados al footing. Como se aproximaba un bello ocaso, me detuve de nuevo en un banco, lo más cerca que pude del acantilado (Trad de l’auteur).
Il est mort Jim