Ça par exemple

L’écran vire au noir. Personne ne se lève. Je ne sais pas par quel moyen on parvient à saisir les sentiments d’un groupe. Mais je n’ai pas de doute. Le silence était admiratif. Une salve d’applaudissements le confirme. C’est poussé par Colette que Jim s’ébranle du fauteuil d’à côté. Il se retourne et salue. Tous se lèvent et l’intensité de l’hommage augmente encore. Je n’ai envie de parler avec personne. Les images resteront des images… Je me lève enfin et lorsque je parviens à la sortie de la salle vide, j’entends Jim crier : “Ça par exemple ! Si je m’attendais.”

Extrait de Vox Latina 

L’intégrale

L’intégrale de la conférence en ligne
Marc Boisson

“Rencontre avec un écrivain” Paroles d’invités 17 octobre 2020
Association des professeurs de français de l’état de Sao Paulo

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Paroles d’invités

Paroles d’invités – Sao Paulo Samedi 17 octobre
Merci à l’Association des professeurs de français de l’état de Sao Paulo pour cette invitation à parler de mes livres et à échanger avec un public si agréable. Et retrouver des amis n’est pas le moindre des plaisirs.

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Madagascar

“Les traversées des bras de mer ou des rivières sur les bacs à la tombée du soir furent une des plus belles images du périple : le clapotis des perches sur l’eau calme, le profil des rameurs se détachant sur un ciel orangé, la sensation que les véhicules glissaient sur l’eau, le rire des enfants qui nageaient à proximité des petites maisons en bois.”

Vox Latina, lecture gratuite, accessible par le menu du site

 

Ici Radio Pip – suite

Comme l’avait annoncé la jeune fille, le créneau radial nous fut accordé sans problème. Les bénévoles ne se précipitaient pas à Radio Pip. Il faut dire que Bernard n’avait pas tout à fait tort quant au faible niveau professionnel des radios libres. Elles tenaient toutes leurs promesses en ce qui concerne le qualificatif. Chacun était libre d’y faire de la qualité mais personne n’y était contraint. Le directeur était un soixante-huitard vieillissant qui répondait au doux nom de Percevin Matagallois – je n’ai jamais su si ce nom improbable était vraiment le sien. Naturellement, il cumulait les deux caractéristiques inévitables : il était divorcé et animateur culturel de MJC.”
Vox Latina, p. 16

Jeunesse

“- On pourrait faire une émission avec des conseils complètement absurdes. Prendre les banalités qui reviennent systématiquement et les exagérer…
– Oui, oui, renchérit Céline. Je vois bien ce que tu veux dire. Du style tout ramener à l’enfance malheureuse, interpréter les rêves… ces machins !
Nous décidâmes que l’émission s’appellerait Le quart d’heure psychanalytique du docteur Pip. Les mots nous paraissaient retentir d’une belle évidence. Ils n’avaient qu’un seul inconvénient : ils contraignaient à une très courte durée, qui correspondait mal au projet initial. Nous ne relevâmes pas.
Les cours du lundi furent sacrifiés, comme d’habitude, mais à autre chose qu’à l’habituelle prolongation du week-end. Nous passâmes directement du porche au bar-cave de la faculté. Une large partie de la journée fut consacrée à griffonner des synopsis de projets ou plutôt des projets de synopsis.”
Vox Latina, p. 15

Le malheur a ses raisons

Après avoir été privé du stage si désiré – malheur raisonnable si l’on considère celui de bien d’autres – Jim Rosso a décidé d’émigrer. Il est parti pour l’Argentine, sans savoir qu’il serait suivi quelques années plus tard par ceux qu’il fuyait. Ceux-là mêmes qui sont allés servir les dictatures latino-américaines avec la bénédiction du Vatican et parfois la complicité des Etats-Unis.
– A l’époque, la traversée de l’Atlantique était difficile. Le voyage jusqu’à Buenos Aires a duré vingt-cinq jours. J’ai été malade tout le temps. Et c’est en Argentine que ça s’est produit.”
Marc Boisson, Vox Latina, p. 19

Vox Latina

Vox Latina est mon premier roman. Je l’ai écrit au tournant du millénaire. L’an 2000 lui a donné naissance. Il s’est écrit seul, d’une seule traite. Sans doute devais-je le porter en moi.

Vox Latina, présentation, extrait et avis des lecteurs