J’arrivai à Mexico

J’arrivai à Mexico un lundi de septembre. Mon avion survolait la ville en y déposant les éclairs de lumière d’un soleil resplendissant qui me permit d’apercevoir de nombreuses taches vertes. La descente révéla une grande quantité d’arbres à mon attention surprise. Je m’attendais à tort à une ville minérale et si polluée qu’on ne pouvait y connaître un ciel bleu. La contamination y est bien un fait, mais le beau temps est persistant. Le souvenir de cet accueil inattendu parvint à effacer celui d’un atterrissage qui me fit craindre de commencer mon séjour par son achèvement.

Ça n’intéresse personne, p. 36
 version papier ou e-book : rubrique Librairie.

Claustrophobes s’abstenir

Extrait du manuscrit du roman Ca n’intéresse personne, lu par l’auteur.

 

Pas de quartier

Mes pas m’ont mené dans le même quartier pendant quatre années. Parcourant le même tronçon matin et soir, des vies se déroulaient devant moi. Une manière particulière de connaître des gens auxquels je n’ai jamais parlé : la fille que je retrouvais dans les commerces de la rue, éphémère embauchée. Entre deux papillonnages, elle se réfugiait près de la carriole du vendeur de petits déjeuners. L’homme qui postait sa moustache et son tranquille embonpoint devant le magasin d’encadrements où les clients que j’ai aperçus se comptaient sur les doigts d’une main. Les deux vendeuses évincées de leur coin de rue et réfugiées dans l’embrasement d’une porte un peu plus loin. Le couple âgé à la guérite de friandises, que je voyais repartir à 20H, main dans la main, épaulant leur fatigue vers un domicile lointain. Ce sont les vrais habitants de la rue, ceux qui la font vivre jour après jour et qui en sont bannis le soir venu…

México DF


Mexico

 

 

 

 

 

 

J’habite à Mexico depuis peu. Quelques semaines. Je ne sais pas quelles forces m’y ont poussé mais pendant le long processus de l’indétermination qui m’a conduit à cette destination, les autres options s’effaçaient comme si c’était la seule possible.