Le piano – extrait

Manuscrit en cours d’écriture

L’été succéda au printemps, comme il se doit, puis arriva l’automne au terme d’une série de concerts de Simon en Nouvelle Aquitaine. Il joua au Temple de la Rochelle. Le nom de la salle convenait bien à la haute estime qu’il avait de cette ville lumineuse, où les vieilles pierres prêtent le flanc à l’océan et à de vieilles et récentes histoires de navigation. On l’acclama, son histoire et lui, à la Distillerie de la ville de Pons, en Charente Maritime, dans une salle où le public dut rester debout, ce que sans doute un musicien orthodoxe aurait refusé tout de go.

Le piano – extrait

Simon s’assit sur un muret qui séparait la promenade de la plage et observa longtemps la mer, comme une première étape méditative de sa semaine de retraite. Il privait souvent ce dernier mot de sa voyelle finale, sans hommage aucun pour Georges Pérec dont La disparition avait, dans sa bibliothèque, une constante absence, le meilleur hommage à son titre et à cette expérimentation du Nouveau roman dans son combat contre la littérature.

Marc Boisson, Le piano, Manuscrit, 2022, p. 71

Recevez gratuitement le livre audio Ça n’intéresse personne par épisodes
Page contact de ce site

Taux d’intérêt

Pour recevoir par mail la version audio et par épisodes du roman Ça n’intéresse personne, envoyez un message sur la page contact de ce site.

 

Les épisodes dans votre boîte mail

Pour recevoir par mail la version audio et par épisodes du roman, envoyez un message sur la page contact de ce site.

Ça par exemple

L’écran vire au noir. Personne ne se lève. Je ne sais pas par quel moyen on parvient à saisir les sentiments d’un groupe. Mais je n’ai pas de doute. Le silence était admiratif. Une salve d’applaudissements le confirme. C’est poussé par Colette que Jim s’ébranle du fauteuil d’à côté. Il se retourne et salue. Tous se lèvent et l’intensité de l’hommage augmente encore. Je n’ai envie de parler avec personne. Les images resteront des images… Je me lève enfin et lorsque je parviens à la sortie de la salle vide, j’entends Jim crier : « Ça par exemple ! Si je m’attendais. »

 

Extrait de Vox Latina 

Roman gratuit en ligne

Vox Latina en accès gratuit ici

 

Concert solitaire

C’est à la dernière note de ce concert solitaire – je rappelle que je reportais les notes de mes étudiants sur le logiciel de l’université, auquel je n’avais accès que sur l’Intranet – que me vint l’idée de rédiger un chapitre récapitulatif de mes recherches. Je ne sais pas comment l’expliquer. J’étais assis au bureau de la petite salle attenante à la salle des professeurs. Nous le partagions avec quatre collègues. Un rayon de soleil désignait ma main posée sur le bureau brun. Il avait traversé la fenêtre à ma gauche, me berçait, sans m’étouffer de sa force estivale. Le silence me parut également propice à l’écriture.
Extrait de Il est mort Jim, p. 282, Ezema